Logo du site
Calliope | Università di Corsica
La Divine Comédie  |

Chanter la Divine Comédie

 

        Couverture de l'album (d'après une oeuvre de Jean-Paul Marcheschi)

 

A écouter et télécharger gratuitement sur le site : https://piona.bandcamp.com/album/dante-in-paghjella

INFERNO CANTO I

 

La composition d'une musique originale confiée à l'ensemble A Ricuccata consiste à adapter plusieurs extraits de la Divine Comédie de Dante aux versi traditionnels du chant corse, selon une technique d'improvisation actualisée et soucieuse d’authenticité.

 

 

L'interprétation en paghjella de divers extraits du poème de Dante est une création exceptionnelle qui participe activement à la reconnaissance d'un patrimoine poétique durable et vivant au sein de la société corse. Les musiciens qui chantent aujourd’hui en paghjella la poésie de Dante ne se contentent pas d’interpréter des vers sur un mode traditionnel, ils réinventent une longue tradition artistique qui ne séparait pas les cultures savantes et populaires.

Fruit d'une étroite collaboration entre chercheurs et interprètes du chant traditionnel corse, ce projet qui bénéficie déjà d’un accueil très favorable, tant au niveau local que national et international, répond à une attente de la société corse qui souhaite se réapproprier des traditions savantes dont les traces anciennes sont encore trop négligées.

Ce projet est issu d’une première expérience d’interprétation en paghjella par l'ensemble A Ricuccata d’un chant entier du Paradis de Dante, présenté en 2014 en création mondiale à l’Université de Lugano devant un large public et qui a reçu de larges échos en Corse et en Italie.

Présenté au Collège de France devant plus de 200 spectateurs, ce concert inaugural est diffusé depuis 2015 sur le site du Collège de France : voir le concert inaugural

Le projet Calliope propose de concrétiser une seconde phase de ce programme par l’enregistrement de nouveaux extraits de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis, en réalisant de nouvelles compositions entièrement inédites.

L'expertise scientifique de cette initiative sera supervisée par Carlo Ossola, professeur titulaire de la Chaire Littératures de l'Europe néolatine au Collège de France.

La phase de restitution du projet sera marquée en 2021 par un symposium international inscrit dans le programme des commémorations de la mort de Dante, en partenariat avec la Société Dante Alighieri.

Le projet Calliope apporte un soutien scientifique, technique et financier pour la réalisation d'un concert multimédia accompagné d'un CD audio de qualité professionnelle, accompagné d'un livret bilingue et destiné à être diffusé localement et internationalement grâce au réseau mondial de la Societé Dante Alighieri à l’occasion des célébrations des 700 ans de la mort de Dante en 2021.

La visée de restitution de ces travaux est donc double et sera concrétisée par la réalisation d’un concert final et la réalisation de CDs audios :

- le concert final coincidera avec les manifestations connexes du projet (Digenis Akritas et U lamentu di e Sette Galere) afin d'organiser un événement d'ampleur capable de restituer l'innovation culturelle, la réappropriation des traditions, et le croisement des cultures.

- l'enregistrement et la réalisation de CDs audios sera encadré par le studio L'Ange Publishing, dirigé par Jean Bernard Rongiconi. Ces CDs seront non commercialisable, et leur distribution gratuite sera destinée à un usage éducatif et dans les manifestations culturelles autour des 700 ans de la mort de Dante (sections nationales et internationales de la Société Dante Alighieri).

2021 ANNEE DANTE
Dante, la Corse et les arts

L’année 2021 sera marquée en Corse par la coïncidence de deux événements culturels particulièrement remarquables : la célébration des 700 ans de la mort de Dante et la donation à la Corse d’une importante partie de ses œuvres par le peintre Jean-Paul Marcheschi, né à Bastia en 1951 et dont toute la production est conjointement inspirée par le paysage méditerranéen et par la lecture de Dante. Cette coïncidence témoigne de l’impact durable des arts dans la société insulaire, dont l’importance n’est pas encore assez reconnue.

La Collectivité de Corse, l’Université de Corse et la Municipalité de Bastia s’associent donc à cette occasion pour organiser tout au long de l’année et dans divers lieux une série exceptionnelle d’expositions, conférences, concerts, lectures et ateliers participatifs.

Depuis le début des années 2000 est en train d’émerger un second riacquistu : après s’être réapproprié ses traditions “populaires”, la société corse retrouve la mémoire de traditions “savantes” qui n’étaient pas réservées à une élite “cultivée” mais auxquelles n’avaient pas moins accès les poètes improvisateurs, réputés “illettrés” mais capables de réciter de mémoire des passages entiers de la Divine Comédie et de composer des parodies de l’Enfer dans un « vulgaire illustre » proche de celui de Dante.

Parmi les nombreux témoignages qui confirment que Dante appartient bien au patrimoine culturel de la Corse, la pratique artistique est injustement négligée. Les musiciens qui chantent aujourd’hui en paghjella la poésie de Dante ne se contentent pas d’interpréter des vers sur un mode traditionnel, ils réinventent une longue tradition artistique qui ne séparait pas les cultures savantes et populaires. De même, la peinture de Jean-Paul Marcheschi est représentative, par sa singularité même, de la force de transformation de la poésie de Dante : elle n’illustre pas des textes, elle ne se contente pas de transposer l’écrit dans un autre langage, elle porte témoignage de tout ce qui se dépose dans la mémoire et relie chacun de nous à un passé commun.

 

Page mise à jour le 20/07/2021 par BENJAMIN BOURGEOIS