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Territoires méditerranéens  |

Florence, la cité de Dante

Florence, au XIIIème siècle, est une ville au succès commercial florissant, cependant c’est plutôt par le biais de sa langue et de sa culture qu’elle exerce un rayonnement important qui s’étend sur un territoire qu’est toute l’Italie d’aujourd’hui et au-delà, et cette langue vient de Dante. Par son prestige culturel, le toscan devient l’Italien en tant que langue officielle commune et unificatrice de tout un peuple en 1861.

Ce long phénomène d’unification par la langue, le prestige et l’expansion de cette langue bien au-delà des territoires toscans, n’auraient pu se faire sans la cruciale initiative des écrivains florentins de la fin du Moyen-Âge qui décident de privilégier leur langue vernaculaire au détriment du Latin et qui, par conséquent, écrivent leurs œuvres les plus importantes en langue vulgaire toscane. Pétrarque, et Boccace (1er biographe de Dante Alighieri), ont pris l'initiative de réhabiliter les textes de Dante au coeur de la cité qui l'avait expulsé en 1302, Dante ayant joué un rôle actif dans la vie politique de Florence. Dans les années 1290, Dante est un guelfe ardent : il se signale dans plusieurs expéditions contre les gibelins d'Arezzo, de Bologne et de Pise. En 1302, partisan des guelfes blancs, en faveur d'une plus grande autonomie pour Florence, opposé aux guelfes noirs qui revendiquent la suprématie du Pape, celui-ci se voit condamné à l'exil lorsque les guelfes noirs triomphants s'emparent de Florence et pourchassent les guelfes blancs pour les mener au bûcher.

Domenico di Michelino, La Divina Commedia illumina Firenze

Dante Alighieri introduit l’idée d’une langue italienne cardinale capable d’exprimer son idéal littéraire tout en étant accessible au peuple, puisqu’il a parfaitement conscience qu’une communauté politique peut se greffer dans une communauté linguistique. Ainsi, il compose sa Comédie en sa langue maternelle toscane afin de l’anoblir tout en lui permettant de se stabiliser. Il n’hésite pas à la transformer et l’enrichir de latin, de provençal, de français ou autres langues dialectales et réalise une langue poétique de portée universelle qui fait écho dans le monde entier aujourd’hui.

C’est en poursuivant cette volonté de transmission que les chants de la Comédie sont adaptés en chants polyphoniques corses dans le cadre de ce projet. Cette initiative rappelle la portée diffuse d’une œuvre qui peut tout aussi bien s’approcher de manière savante que de manière poétique, en réponse à un besoin populaire et intérieur de cohésion sociale.

Page mise à jour le 09/02/2021 par BOURGEOIS BENJAMIN