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Calliope | Università di Corsica
e Sette Galere  |

mise en scène du Lamentu

"Ma responsabilité dans ce projet est de rendre visible ce lamentu, c’est-à-dire de transformer un concert en spectacle. Pour cela, j’ai choisi de travailler sur la représentation plastique de l’image que l’on peut se faire d’un récit épique, où la mémoire avec le temps se transforme, augmente de dimension tout en perdant de la densité jusqu’à rendre floue la frontière entre le mythe et le réel.

 

Le fait, après tout, est hélas banal : combien de naufrages dans cette mer ombrageuse qu’est la Méditerranée, et tout particulièrement dans ces parages que bat souvent un violent libecciu ! Mais les galères sont sept, chiffre magique par excellence, et portent dans leurs flancs six mille combattants. Une seule se sauve en fuyant, deux se fracassent sur les rochers, et les autres en réchappent de justesse.

Galère au XVIème siècle :

 

Le dispositif scénographique est donc constitué par sept voiles latines qui au début sont pliées au sol, puis s’élèvent suspendues à des fils. Elles sont le support de la projection de l’ombre d’une maquette de galère dont les rames sont animées. Cette maquette, de faible dimension, est visible par le public et représente le fait réel. L’ombre, elle, passant de la première à la seconde voile par transparence, puis à la troisième et ainsi de suite, grandit à la même proportion que le faisceau lumineux. La première voile mesure deux mètres, la dernière sept, et l’image qui, en traversant chacune des voiles augmente de taille et perd en précision, représente pour moi le processus même du récit épique.

Schéma de l'implantation de la scène :

 

Les musiciens et les chanteurs évolueront donc dans un espace fragmenté par ces voiles, séparées les unes des autres par un mètre, et pourront jouer, par les effets de lumière, soit de la transparence, soit de l’ombre portée, soit de la disparition. 

                A certains moments, suivant le texte, les voiles seront le support de projections d’images qui pourront illustrer des passages particulièrement suggestifs comme par exemple, à la strophe 25 dédiée aux galériens précipités dans l’abime, les damnés de la Cappella sistina.

Galériens :

 

                Autant les trois musiciens seront assignés à une place, autant les trois chanteuses seront mobiles et, selon les moments, tantôt réunies pour les polyphonies ou tantôt séparées mais chacune proche de l’instrumentiste qui l’accompagne pour les strophes monodiques.

                Comme les musiciens, les chanteuses seront sobrement vêtues de noir et porteront sur leurs épaules un grand châle de voile noir, dont elles se recouvriront la tête pour les trois dernières strophes (33, 34 et 35) comme pouvaient le faire les voceratrice.

                Une voix off dira la traduction en français pendant les moments où les instruments seuls préludent ou concluent, de manière à créer un continuum de transaction permanente entre le chant, les instruments, le texte, les images et l’espace.

                Toni Casalonga"

Page mise à jour le 14/12/2021 par BENJAMIN BOURGEOIS
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