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Calliope | Università di Corsica
e Sette Galere  |

Phases d'élaboration du Lamentu

"Les recherches que nous entreprenions dans les années 1982/1983 sur le chant et le langage musical traditionnel m’avaient mise, pour ce qui me concerne, sur la piste du chant épique dont je recherchais obstinément l’existence.

Ce ne fut pas sans jubilation que j’en trouvai la preuve dans un petit opuscule que me remit un jour le berger-poète Francescu Mattei. Il provenait de la bibliothèque d’une des plus anciennes familles de Balagna et lui avait été donné connaissant son amour pour la poésie. Son titre : « La chanson popu-laire de l’île de Corse ». Son auteur : Austin de Croze.

Lors de son séjour, sillonnant l’ile à loisir pendant les fréquentes et longues permissions, il eut l’op-portunité et la sagacité de recueillir et transcrire paroles et mélodies d’un important corpus de chants parmi lesquels la "Complainte des Sept Galères d’Espagne ».


« U lamentu di e sette galere » constitue un élément majeur non seulement pour témoigner d’évènements de la Corse génoise d’autrefois mais aussi enrichir de son flamboiement la narration chantée du répertoire insulaire.

Mais la légende interroge toujours les historiens. Le fait qu’elle rapporte mobilise des chercheurs et archéologues parmi lesquels le plus actif était sans conteste Claude Cazemajou-Pizzini, du hameau de Tollare, face à l’îlot du naufrage. L’ingénieur Claude Cazemajou-Pizzini dirigeait la station de sauve-tage en mer de Macinaggio. Féru d’histoire en général et passionné par celle qui concerne son hameau de Tollare, il avait suivi un certain nombre de fouilles entreprises à son instigation au large du cap Corse, en 1997 d’abord, dirigées par le professeur Villié, puis au cours de l’été 2006 par son ami Gilles de la Brière directeur de recherches archéologiques sous-marines et habilité par la DRASSM.


Dans l’article publié en 2007 sur le site https://cntollare.pagesperso-orange.fr/galeres.htm, augmenté par celui qui parait dans les « Actes des 17eme Journées Universitaires d’Histoire Maritime de Boni-facio » sous le titre « Naufrages, épaves et archéologies sous-marines », C. Cazemajou-Pizzini, fort des recherches entreprises par l’équipe de Gilles de la Brière aux archives de Barcelone et de Gênes et fort de leurs résultats, réfute « l ‘hypothèse selon laquelle ces galères faisaient partie de la flotte hispano-génoise de l’Amiral Andrea Doria rassemblée à Calvi vers 1553 pour porter secours à la citadelle de Bonifacio occupée … (par)… le roi de France Henri II) et renvoie aux mêmes documents d’archives qui indiquent qu’une escadre de sept galères partirent de Barcelone le 11 novembre 16936 pour se rendre à Gênes sous le commandement du Duc de Tursis.

 

 

En 1998 Ghjermana de Zerbi et Mighele Raffaelli publient, à la Marge-Editions, l’Antulugia di u Cantu Nustrale.
Une somme comprenant les transcriptions des textes d’un important corpus de chants assortis de com-mentaires historiques, contextuels et esthétiques.


C’est dans cet esprit qu’il m’avait semblé pertinent d’y ajouter une teneur inspirée de la basse de passacaille mais aussi de la basse du versu piuvisgianu et expérimenter différentes configurations : voce sole ou due voce a cappella ou accompagnée au clavecin, à la cetera d’arco, ou à la viole de gambe.

Ce travail préparatoire constituait la matière nécessaire pour envisager une restitution même partielle de la complainte et espérer redonner vie à un des chants les plus importants du répertoire. Ainsi con-certs et collaborations se succédèrent lors desquels furent chantées sous diverses configurations les parties les plus significatives du lamentu notamment avec les ensembles A Cumpagnia , Madrigalesca, les ensembles Daedalus, La Fenice, Euridice, I Madrigalisti, ou lors du spectacle « Le Vecchie e il Mare » ."

 

Page mise à jour le 17/12/2021 par BENJAMIN BOURGEOIS
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